Le point de départ
Maroc Aerospace contrôle à Casablanca des composants dont la non-conformité ne se rattrape pas en aval. Le contrôle visuel y occupe une place centrale, et les conditions dans lesquelles il s'exerce déterminent directement sa fiabilité.
Les postes en service avaient été assemblés au fil des années, sans logique commune. Hauteurs différentes d'un poste à l'autre, éclairages d'appoint ajoutés après coup, rangement improvisé : autant de variables qui pèsent sur la constance du contrôle et sur la fatigue des opérateurs en fin de vacation.
Ce que le cahier des charges imposait
L'exigence principale portait sur la reproductibilité. Un même composant, contrôlé sur deux postes différents par deux opérateurs différents, devait être vu dans des conditions identiques. Cela suppose de standardiser l'éclairage, la distance de travail et l'angle de présentation de la pièce.
La deuxième exigence était ergonomique. Le contrôle visuel se pratique en position maintenue, souvent penchée ; c'est une des principales sources de troubles musculo-squelettiques en atelier. Il fallait rendre le poste réglable pour l'ensemble des morphologies de l'équipe, et rendre ce réglage assez simple pour qu'il soit réellement utilisé à chaque prise de poste.
La solution mise en œuvre
Les huit postes ont été construits sur une base commune en profilés aluminium, avec plan de travail réglable en hauteur et plateau inclinable. Le principe retenu consiste à amener la pièce dans l'axe du regard plutôt qu'à demander à l'opérateur de se positionner autour de la pièce.
L'éclairage a fait l'objet d'une attention particulière : sources orientables montées sur potences, positionnées pour révéler les défauts de surface sans créer de reflets sur les pièces usinées. La potence étant fixée dans la rainure du profilé, sa position se corrige en quelques secondes lors d'un changement de référence.
Chaque poste intègre les moyens de manutention et de tri directement dans la structure : bacs à portée de main, zones distinctes pour les pièces conformes et les pièces à reprendre, supports pour les instruments de mesure. Rien n'est posé au sol ni ajouté sur un chariot d'appoint.
Le déroulement du chantier
Un poste prototype a été monté et mis en service avant la fabrication de la série. Il a été occupé pendant plusieurs jours par les opérateurs concernés, dont les retours ont conduit à revoir la hauteur des bacs et l'implantation d'un des bras support. Cette étape courte évite de dupliquer huit fois une erreur d'aménagement.
Les sept postes suivants ont été fabriqués sur la base du prototype validé, préassemblés, puis installés lors d'une intervention unique.
Ce que le projet a apporté
Le gain de productivité mesuré est de +25 %, pour un retour sur investissement de 12 mois. Le taux de conformité atteint 100 % sur les lots contrôlés depuis la mise en service.
Le point le plus significatif reste la standardisation : les huit postes étant identiques, un opérateur peut être affecté à n'importe lequel d'entre eux sans temps d'adaptation, et une modification validée sur un poste se déploie à l'identique sur les sept autres.








